L’actuel Lycée Collège Saint Augustin de Bitche trouve son origine plus de deux siècles et demi en amont, dans un établissement « intra muros » (situé à l’intérieur de la ville).

 

 

Le 10 mars 1727, le Père prieur, Jean Will, pose la première pierre d’une chapelle. Deux ans plus tard, il entreprend la construction d’un couvent à partir de l’aile jouxtant la partie sud ouest du jardin. Ce couvent abritera pendant deux siècles le futur collège Saint-Augustin.

 

 

Dès 1731, les Pères créent une école monacale dans laquelle sont enseignées la rhétorique, la poésie, la syntaxe, la science mathématique…

C’est exactement le 1er novembre 1827, que le Collège Saint-Augustin est né définitivement. Il ouvre ses portes à 60 élèves.

 

 

 

 

 

 

2° L  A   C O N S T R U C I  O N  

 

Le 17 mai 1925, jour de la canonisation de Ste Thérèse de Lisieux, le prélat décide la construction du nouveau collège.

 

 

Dans l’ancien collège, les élèves étaient séparés en deux divisions, celle des grands et celle des petits. Une telle répartition devant être maintenue dans le nouveau collège, il est prévu que la nouvelle construction comportera deux bâtiments symétriques occupés chacun par une division.

 

 

Chaque bâtiment sera formé de deux corps : en façade et au rez-de-chaussée les classes et études, aux 1er et 2me étages, les dortoirs, lavabos et vestiaires.

 

 

Vers le vestibule, convergeront les salles de classe, d’études et d’exercices. Il avoisinera le réfectoire des élèves, point de rencontre général.

Une étude avec vestiaire et une cour sont envisagées pour l’usage des externes et demi-pensionnaires.

 

 

Les douches seront installées au sous-sol, sous le réfectoire.

Le préau fera fonction d’abri en cas de mauvais temps et si besoin, de salles de gymnastique.

 

 

La chapelle sera le cœur du collège. C’est là que se rendront ses habitants, plusieurs fois par jour.

 

 

La cuisine fera figure d’élément central. L’office donnera accès aux deux réfectoires, et sera relié à la salle à manger des professeurs.

L’infirmerie sera aménagée au rez-de-chaussée , à proximité de l’entrée.

3) La  v e  de  S A I N T A U G U S T I N

 

    

 

     Au foyer de Monique et Patrice, ce 13 novembre 354, naît un garçon : Augustin. Il aura un frère et deux sœurs. Nous sommes à Thagaste, en Afrique du nord. Le père d’Augustin est païen. Sa mère est chrétienne. Selon la coutume. Elle s’est mariée jeune. Lui est plus âgé. C’est dans ce foyer de petits propriétaires terriens que Augustin va grandir. Il découvrira en sa mère l’amour de Dieu, la prière les autres, il aime la vie, il est sociable, doué il préfère le latin au grec. Son adolescence est assez difficile comme celle de beaucoup d’autres : il ’’drague’’ un peu, même à l’église. Il se calme quand il trouve une compagne qui lui donne un fils : Adéodat. Cette femme est pauvre et Augustin n’a pas désiré cet enfant. Mais puisque Dieu le lui envoie, il l’aimera, l’élèvera et veillera sur lui jusqu’à sa mort à l’âge de 17 ans.


 

      Un chercheur.

 

     En 371, Patrice meurt converti au christ. Augustin reste à la charge de Monique et de Romanien, son ami bienfaiteur. Il se remet à l’étude, il lit un ouvrage philosophique de Cicéron qui l’enflamme pour la recherche de la Sagesse et de la Vérité. C’est à partir de cette lecture qu’Augustin commence à se tourner vers Dieu. Il commence aussi à lire la bible mais il ne la comprend pas. Il manque de préparation pour cette lecture. Il cherche toujours et, par des amis, rencontre la secte de Mani qui semble répondre à ses aspirations intellectuelles. Voici la bonne porte. Il croit trouver dans ce groupe un christianisme parfait, rationnel, sans superstition, mais il s’aperçoit que là aussi il n’arrive pas à atteindre la Vérité. Personne ne peut répondre à ses questions. Déçu, il abandonne cette voie.

 

     Enfin la découverte.

 

     Augustin n’abandonne pas sa recherche de la Vérité. Il a de l’ambition et veut faire carrière dans l’art de bien parler.

 

     Il se rend à Rome où il postule la chaire de rhétorique impériale de Milan. Dès son arrivée à Milan, le nouveau professeur va saluer Ambroise, l’évêque de la ville : c’est un homme célèbre, il parle bien. Augustin écoute Ambroise le dimanche, se laisse toucher par ses homélies. La Bible a maintenant pour lui un sens spirituel qu’il cherchait. En même temps, il passe par une crise spirituelle profonde. Alype et des amis sont là pour aider Augustin.

 

     Dieu n’abandonne pas ceux qui le cherchent. Augustin découvre grâce aux platoniciens la spiritualité de l’âme et de Dieu. Il poursuit sa recherche. C’est à trente-deux ans qu’Augustin entendra son Dieu lui parler et lui dire : « Conduisons – nous honnêtement, comme en plein jour, sans ripailles ni beuveries, sans coucheries ni débauches, sans querelles ni jalousies. Mais revêtez le Seigneur Jésus-Christ et ne vous abandonnez pas aux préoccupations de la chair pour en satisfaire les convoitises. » (Romains, 13, 13.)

 

     Augustin n’a pas besoin d’en lire davantage. « Au même moment, avec ces derniers mots, c’est comme une lumière très sûre qui coule dans mon corps. Et la nuit du doute disparaît. »

 

 

 Il court annoncer cette bonne nouvelle à Alype et à Monique qui sont remplis

de joie.


 

     Une vie nouvelle.

 

Augustin donne sa démission de son poste de recteur. Il se retire à Cassiçiacum avec ses amis et sa famille. Ensemble ils prient et font conversations sur le bonheur, la Sagesse…

 

     Durant le Carême , en 387 , il suit la catéchèse d’Ambroise et reçoit le baptême au cours de la Nuit pascale avec son fils Adéorat et son ami Alype. Désormais, il ne veut vivre que pour  Dieu. Augustin songe maintenant à retourner en Afrique. Au moment où il s’apprête à embarquer avec Monique au port d’Ostie, il fait l’expérience de la rencontre de Dieu dans l’extase : ’’Pendant que nous parlions de cette Sagesse et que nous la désirions avec force, nous l’avons touchée à peine , d’un élan rapide et total du cœur.’’

 

 

     Une vie communautaire.

 

     Augustin retourne à Thagaste ; il vend ses biens, les donne aux pauvres et mène une vie de communauté avec ses amis. Il est heureux de vivre avec des frères pour partager la même vie, la même foi, la même recherche, le même amour. Plus tard il nous livrera dans sa règle les richesses de sa vie communautaire. Un jour Augustin va à Hippone voir un de ses amis. Au cours de l’Eucharistie, l’évêque demande aux chrétiens de lui trouver un prêtre capable de l’aider. Spontanément la foule crie : ’’Augustin prêtre’’. Il en pleure. Il aurait tant aimé retourner à sa communauté pour être uniquement à Dieu. Malgré ses supplications il doit céder. Il s’installe donc à Hippone mais y fait venir sa communauté. Il ne veut pas changer de vie pour cela.

 

     En 395 il est sacré évêque auxiliaire de cette ville. Pour lui rien ne changera dans sa vie communautaire. Il laisse les laïcs en communauté entre eux et fonde à l’évêché un monastère. C’est là qu’il vit en frère avec ses prêtres, ses diacres et sous-diacres ; L’élan est donné. Les monastères se multiplient.


 

 

     Faire l’unité et la vérité.

 

     Dans cette Afrique de Nord aux cinq cents petits évêchés quelques courants théologiques et philosophiques sèment la division parmi les chrétiens. Le jeune évêque Augustin souffre de voir cette Eglise divisée. Il va vite jouer un rôle de premier plan. Déployer une activité pastorale intense :

 

-Conférences contradictoires avec ses anciens amis manichéens ;

-Combat pour l’unité de l’Eglise déchirée par un schisme centenaire ;

-Lutte pour la primauté de la grâce de Dieu dans la vie de chrétien.

 

     Pour Augustin, l’enseignement est le premier de ses devoirs. Il parle tous les jours et parfois plusieurs fois par jour. Il a dû s’adresser aux fidèles quelque 6 000 fois au cours de son activité pastorale. Le dixième de sa prédication est conservé. Il circule annoncer l’Evangile mais le temps de carême est le temps de prédilection pour sa ville.

 

     Tous ces soucis, toute ces luttes ont épuisé Augustin . Il se sent vieillir. Il prépare sa succession et surtout sa rencontre avec Dieu. Le 28 août 430, il s’endort entouré de quelques-uns de ses frères.

     Aujourd’hui Augustin est toujours présent et vivant. Des milliers de religieux et de religieuses dans le monde entier vivent selon sa Règle qui invite à vivre dans la pauvreté, la charité, l’unité.



 

 

Extrait de la revue de collège n°85-86.